Pabst G.W. (1885-1967)

Georg Wilhelm, dit G.W. Pabst, naît le 25 août 1885 à Raudnitz, dans l’actuelle République Tchèque.
Auteur de quelques films devenus des chefs d’oeuvre : « La Rue Sans Joie » (1925) avec Greta Garbo et « Loulou » (1928) avec Louise Brooks sont les plus connues.
Contrairement à de nombreux réalisateurs, il fera partie de la minorité qui travaillera toute sa vie uniquement en Europe et demeurera un réalisateur tourmenté tout comme Otto Preminger. Son état mental se ressent au niveau des histoires qu’il raconte et des émotions qui s’en dégagent.
Son tout 1er film « Le Trésor » (1922) avec Lucie Mannheim raconte l’histoire d’une famille rongée et divisée entre la cupidité et la jalousie. Par la suite, en 1926, « Les Mystères D’Une Ame » montre à quel point le réalisateur fut très mal dans sa peau car il relate la genese, le paroxysme et l’apaisement d’une souffrance psychique de la psychanalyse freudienne.
En 1924, il se marie avec Gertrude ?? jusqu’à sa mort le 29 mai 1967. Ils eurent 2 enfants.
En 1928, il permet à Birgitte Helm de faire d’elle une star européenne avec « Crise » où elle incarne une femme apparemment heureuse dans son ménage mais qui cache bien des secrets à son époux.
Les succès s’enchaînent pour lui et les histoires sont toujours particulières : « Le Journal D’Une Fille Perdue » (1929) avec Louise Brooks relatant le destin tragique d’une femme brisée par les hommes qu’elle a connu, « Quatre De L’Infanterie » (1930) (son 1er parlant) qui relate les horreurs de la guerre, il retrouve Bigitte Helm dans le film « Atlantide » (1932) qui rappelle partiellement l’histoire de la légende de la citée sous les eaux. Sauf que dans ce cas, les explorateurs sont retenus prisonniers par la reine.
Anti nazi, il tourna le film choc à l’époque « La Fin De Hitler » (1955) 10 ans après le suicide du Fürher. Mais ce film signe la fin de sa carrière.
G.W. Pabst est décédé le 29 mai 1967 à Vienne, en Autriche.






de plus, si je puis me permettre, il tourna trois autres films après « la fin d’hitler » avant de mettre fin à sa carrière en 1956 et de mourir en 1967.
petit rectificatif. pabst n’était pas anti-nazi. d’où toute l’ambigüité de son cinéma. il a bien quitté l’allemagne un temps mais y est vite rentré et s’est très bien accommodé du régime en place. de là à dire qu’il était nazi, il y a un pas que je ne franchirai pas. quoi qu’il en soit, son « lulu » est un des plus beaux films au monde.
Pabst est mon cinéaste muet préféré. J’ai eu la chance de revoir il n’y a pas longtemps « La Rue sans joie », et j’ai beaucoup aimé. C’est un film généreux, sans naiveté à la Griffith, sur le sort des femmes obligées de se prostituer. Garbo y est déjà marquante : quels yeux ! J’aime la vision dénonciatrice, « anarchisante » – pour l’époque, de Pabst : il sait si bien dénoncer les travers de la société et jeter du souffre. Preuve en est que ses oeuvres, heureusement sauvées aujourd’hui, ont été massacrées par la censure et la critique. Le plus beau de sa carrière est à mon sens ses deux films avec Louise Brooks, « Loulou » dont les images sont les plus belles du cinéma muet, et le tout aussi beau, peut-être même meilleur « Journal d’une fille perdue ». Il y a dans ce film une scène de bordel qui est aussi une grande chorégraphie et un hymne à l’amour physique ; je ne peux la voir sans frissonner. Une fois encore Pabst y dénonce les maisons de correction, la condition des filles mères, les vices de la bourgeoisie… A notre époque où l’on se vante pour tout et rien de « faire sauter les tabous », quel cinéaste serait en réalité assez pertinent, assez lucide, pour mettre le doigt là où ça fait mal dans notre société d’aujourd’hui ?