Nazimova Alla (1879-1945)

Alla Nazimova, de son vrai nom Mariam Edez Adelaida Leventon, naît le 22 mai 1879 à Yalta, dans l’actuelle Ukraine.
Sa famille est chassée par l’antisémitisme alors qu’elle n’est qu’une enfant. Son père finit par ouvrir une pharmacie pour nourrir sa famille. Très jeune, elle se révèle douée pour la danse et la musique. Elle apprend le russe, le français et l’allemand.
Intelectuellement avancée, le côté affectif en souffre. Les effets se ressentiront plus tard dans sa vie.
Sa mère quitte le foyer pour violences conjugales et abandonne ses enfants chez leur père. Il finit par se remarier et les relations entre Alla et sa belle-mère sont détestables. Elle se réfugie dans la danse classique pour pouvoir monter sur scène.
Son père l’oblige à utiliser un nom de scène. Elle devient donc Alla Nazimova : »Alla » est le diminutif d’Adélaïde que lui donnait sa mère et »Nazimova » est un hommage à l’héroïne du roman Les Enfants de la rue.
Elle part alors pour Moscou où elle exerce des petits boulots et se prostitue clandestinement. A 17 ans, elle entre à l’école de théâtre du mouvement naturaliste de Konstantin Stanilasky qui est à l’époque l’une des plus prestigieuses de Russie. Elle y apprend le métier d’acteur, la mise en scène, les décors, les costumes et les de la lumière. Elle parcourt l’Europe avec la troupe de Stanilasky.
Ses interprétations dans les pièces de Tchekhov et d’Henrik Ibsen sont remarquées en Russie puis en Europe. Elle finit par quitter son mari et comme de nombreux artistes fuit la Russie.
En 1899, elle se marie avec Sergei Golovin mais on sait qu’ils divorcèrent avant 1905. Ils n’eurent aucun enfant.
En 1905, elle arrive aux Etats-Unis où sa troupe donne une tournée. Elle apprend l’anglais en seulement 4 mois. Arrivée à Broadway, elle devient la protégée de Charles Frohman, l’un des auteurs les plus influents de l’époque dont elle devient l’actrice attitrée. Sa bonne pratique des langues, notamment l’italien et le français, lui permettent de jouer les pièces pour les émigrés dans leur propre langue. Ainsi elle attire l’attention de l’intelligentsia new-yorkaise impressionnée par l’actrice polyglotte.
Elle devient la nouvelle Sarah Bernhardt !! Elle soulève beaucoup de mystères mais elle soutient ardument l’émancipation des Femmes dans la société.
Alla devient une star du théâtre, gagne des millions de dollars et impose à travers l’amérique des pièces d’un genre nouveau où elle défend l’émancipation des Femmes. Parrallèlement, Nazimova est connue pour avoir de nomreuses amantes.
En 1916, elle devient la maîtresse de Mercedes de Acosta (qui fut aussi l’amante de Greta Garbo et Marlène Dietrich). Mais les relations homosexuelles sont mal vues et considérées comme un comportement déviant par l’amérique puritaine. Elle épouse donc un acteur britannique homosexuel, Charles Bryant qui sera son compagnon dans la plupart des films qu’elle tourne pour la MGM, bien entendu ils n’auront aucun enfant.
Star incontestée au théâtre, Nazimova commence à intéresser Hollywood. En 1916, la MGM parvient à lui faire signer de 13 000 dollars par semaine. Pour son premier film « Epouses de guerre », elle obtient un succès phénoménal.
Elle devient l’une des grande stars de la MGM et tournera pour le studio 11 films en 3 ans. Elle s’improvise scénariste et s’attache à la réalisation et la production de ses films. Elle se fait construire une magnifique villa au 8080 Sunset Boulevard à Los-Angeles appellé »The Garden of Alla ». Cette villa demeure célèbre pour les fêtes et réceptions endiablées où se retrouvent ceux qui souhaitent échapper à la rigueur de la morale de l’époque.
En 1916, Alla débute sa carrière au cinéma avec « War Brides » où elle obtient le 1er rôle de la distribution. En 1918, elle revient plus déterminée que jamais avec « Revelation » où elle obtient le second rôle. C’est un succès : elle enchaine tournage sur tournage. La même année, elle tourne dans « Toys Of Fate », « Une Femme De France » et « Oeil Pour Oeil ». Elle devient la partenaire favorite de l’acteur Charles Bryant (1879-1948).
Comme tout le monde sait, on ne change pas une équipe qui gagne : le couple fétiche continue de tourner ensemble dans « Hors Du rouillard » (1919), « La Gosse » (1919), « Plus Fort Que La Mort » (1920) et »Le Coeur D’Un Enfant » (1920) qui sera leur dernière collaboration.

C’est au cours d’une de ses soirées mondaines que l’une de ses maîtresses, Jean Acker, lui présente Rudolph Valentino. Lors de cette réception, elle le considère comme un gigolo mais après le succès de »Les Quatre Cavaliers De L’Apocalypse », elle voit son potentiel. Elle l’enguage pour jouer son partenaire dans « Camille ».
Avec lui, elle fabrique le nouveau mâle qui ne puise pas ses fondements dans les archétypes masculins et qui montre sa part de féminité. Pour la 1ère fois au cinéma, un homme va être modelé selon les désirs d’une femme. Elle lance alors le mythe Valentino qui s’épanouira l’année suivante dans « Sheik ».
Après l’avoir lancé en latin-lover, Alla quitte la MGM pour produire l’adaptation du livre d’Oscar Wilde « Salomé ». Ce film d’avant-garde, aux décors art-déco, dans lequel elle montre tous ses talents de danseuse est malheuresement pour elle un échec retentissant. Nazimova se retrouve ruinée et rejetée par les majors qui pardonnent mal les aventures indépendantes et ses relations homosexuelles à l’écran.
Suite à cet échec, elle fait une tentative de suicide. Malgré son rejet d’Hollywood, elle continue à jouer au théâtre. Elle dépense trop : bijoux, voitures de luxe ou encore fourrures, mais l‘une de ses amantes l’escroque et la ruine : elle est obligée vendre sa villa pour vivre dans un 3 pièces.
Elle fut la maraine de la 1ère fille de l’acteur Ronald Reagan : Nancy Davis née le 6 juillet 1921.
Comme d’autres, elle est inquiète de la venue du parlant qui pourrait détruire toute sa carrière !! Après avoir pris des cours de diction, un dialogue avec les studios et un compte en banque vidé, elle réapparaît en 1940 avec le film « Escape » où elle joue aux côtés de la sulfureuse Norma Shearer et du jeune talent Robert Taylor. Le succès est au rendez-vous, elle décide de continuer.
En 1941, elle joue avec le gratin d’Hollywood avec la super production de « Blood And Sand » avec Tyrone Power, Linda Darnell, Rita Hayworth et Anthony Quinn !! Comm on peut s’y attendre, le film est une réussite.
Pourtant, Alla se retire à nouveau jusqu’en 1944, où elle tourne encore 3 films : « Dans Notre Temps » avec Ida Lupino, « Le Pont De Saint Luis Rey » et « Puisque Vous Etes Partis » avec Claudette Colbert, Jennifer Jones, Joseph Cotten, Shirley Temple et Lionel Barrymore.
Avant de mourrir, elle rédige ses mémoires qui seront publiée quelques années plus tard.
Alla nous quitte le 13 juillet 1945 d’un infarctus du myocarde à Los Angeles, en Californie.
Une de ces citations :
« Pourquoi je préfère jouer Ibsen ? Tout simplement parce que Ibsen ne met pas en scène des héroïnes. Shakespeare lui le fait. Il y a de la grandeur, de la simplicité chez elles. Les femmes de cette époque étaient peut-être comme ça. Shakespeare les a peintes telles qu’il les a vues. Le rôle des femmes a beaucoup changé. La femme moderne est bien plus complexe. Elle sait plus de choses, fait plus de choses et doit être reconnue comme telle. Shakespeare montrait les femmes telles qu’elles étaient. Ibsen montre les femmes telles qu’elles devraient être »

Retrouvez son étoile au Walk of Fame au numéro 6140 sur Hollywood Boulevard





Son neveu n ‘ est autre que le trés célèbre et grand,producteur VAL LEWTON , producteur en autres de LA FELINE de JACQUES TOURNEUR ( 1942) VAUDOU ( 1944) L HOMME LEOPARD ( 1943) LA SEPTIEME VICTIME de MARK ROBSON dont c ‘ est le tout premier film en tant que cinéaste chez RKO .