Le Vigan Robert (1900-1972)
Robert Le Vigan, de son vrai nom Robert Charles Alexandre Coquillaud, naît le 7 janvier 1900 à Paris.
Il débute sa carrière au conservatoire, puis au théâtre chez Gaston Baty avant d’entrer à la Comédie des Champs-Élysées.
En 1931, il débute sa carrière au cinéma grâce au film « Les Cin Gentleman Maudits » avec Harry Baur en vedette. En 1933, il travaille avec le jeune Jean Gabin dans le film »Le Tunnel » : c’est la consécration pour le jeune acteur.
Le réalisateur Julien Duvivier les dirige en 1934 dans « Maria Chapdelaine » où il décroche un petit rôle en celui de Tit-Sèbe, le rebouteux. En 1935, « La Bandera », toujours avec Gabin mais aussi avec Annabella et Raymond Aimos, Robert Le Vigan, alias Fernando Lucas, traque un Gabin assassin qui se rachète en mourant sous la tenue d’un soldat de la légion étrangère espagnole.
La même année, dans « Golgotha », Le Vigan incarne le Christ tandis que Gabin n’est autre que Ponce Pilate. Puis il y a encore « Les Bas-Fonds » (1936) de Jean Renoir et le célèbre « Quai Des Brumes » (1938) de Marcel Carne qui sont des succès nationaux qui font de Gabin un acteur très demandé.
Cependant, Robert Le Vigan travaill avec d’autres grandes figures du cinéma : il accompagne Fernandel et Suzy Prim pour « Un De La Légion » (1936), Orane Demazis dans « Regain » (1937), Annabella dans « La Citadelle Du Silence » (1937), Arletty et Robert Lynen dans « Le Petit Chose » (1938) ou encore Erich von Stroheim dans « Les Disparus De Saint-Agil » (1938).
En 1940, plus de la moitié de la France est envahit par les nazis selon les conditions de l’armistice signé par le Maréchal Pétain, l’acteur regagne Paris. Il y retrouve Christian-Jaque pour le 1er tournage autorisé par les Allemands dans la France occupée avec « L’Assassinat Du Père Noël » (1941) avec Harry Baur. L’acteur tourne un 15aine de films entre 1940 et 1943.
Néanmoins il ne fait pas que subir avec plus ou moins d’indifférence forcée l’occupation des allemands. Très (voire trop) influencé par l’écrivain Louis Ferdinand Céline, il se transforme en un antisémite et un raciste enragé. L’acteur qui a besoin d’un modèle fort aime narguer devient facilement incontrôlable au point d’être le porte-parole des nazis sur Radio-Paris !!!
En 1944, alors que les troupes alliées ont débarqué en Normandie et qu’il tourne « Les Enfants Du Paradis » avec Arletty, l’acteur s’enfuit vers la Suisse puis l’Autriche. Il sera capturé et emprisonné à Fresnes. En 1946, il est jugé et risque la peine de mort pour son comportement envers la France.
Plusieurs personnalités dont Jean Duvivier et Louis Jouvet sont témoins de la défense qui plaide l’irresponsabilité mentale. Robert Le Vigan est condamné à 10 ans de travaux forcés et est condamné par la prison à vie ainsi que la confiscation de ses biens.
En 1948, alors qu’il bénéficie de la liberté conditionnelle, il tente sans de gérer une librairie à Paris qui fait faillite puis quitte la France pour l’Espagne.
En 1950, il est à l’affiche de 2 films avec Isabel de Pomés, tournés aux Baléares : « El Correo Del Rey » (1951) et « La Ley Del Mar » (1952) mais il est trop compromettant. Il s’exile en Argentine et tient un petit rôle dans « La Orquídea » (1951) puis dans « Río Turbio » (1952) avant de disparaître des studios et des médias.
Robert Le Vigan s’installe finalement à Tandil, à 300 km au sud de Buenos Aires. Pour vivre, il donne des cours, élève des poules et vend des œufs sur les marchés et reçoit un peu d’aides financières d’amis français. Il meurt dans la misère, l’indifférence et l’oubli de tous.
Il ne s’est jamais marié et n’eut aucun enfant.
Robert Le Vigan est décédé le 12 octobre 1972 d’un emphysème pulmonaire, à Tandil, en Argentine.

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Bonjour.
Etrange destin. Suscite de la pitié.