Griffith D.W. (1875-1948)

David Wark Giffith naît le 22 janvier 1875 à LaGrange, dans le Kentchuky.
Il n’a aucun lien de parenté avec les acteurs Raymond et Corinne Griffith.
Son père, le colonel Jacob Griffith, était un héros de la guerre de Sécession, célèbre pour avoir, alors qu’il était blessé, commandé une charge victorieuse.
En 1897, il est déjà écrivain. Il débute comme acteur à Louisville à l’occasion d’un spectacle de charité. Sous le nom de Lawrence Griffith, il devient l’un des membres de la Meffert Stock Company.
Le 14 may 1906, il épouse l’actrice Linda Arvidson (1884-1949) jusqu’au 2 mars 1936. Ils n’eurent aucun enfant.
David décide alors de se tourner vers le cinéma, il se lasse du monde du théâtre. Il rencontre Edwin S. Porter au studio Edison et tente de l’intéresser à une adaptation de « La Tosca ».
Porter se contente de faire de Griffith la vedette de son court-métrage « Rescued From Eagle’s Nest » (1908). Griffith a plus de succès avec la compagnie Biograph pour laquelle il va tourner entre 1908 et 1914 plusieurs centaines de films.
Grâce au studios, il tourne avec de prestigieuses actrices de l’époque : Mary Pickford, Lillian et Dorothy Gish, Mac Marsh, Lionel Barrymore, Blanche Sweet. Il utilise le principe du travelling, porte à sa perfection le système du montage parallèle en créant un véritable suspense dans l’action dramatique et fait des recherches fondamentales sur l’éclairage et l’utilisation du gros plan.

Lillian et Dorothy Gish
En octobre 1913, D.W. Griffith quitte la Biograph pour Reliance-Majestic. 2 ans plus tard, il fonde la Triangle alors que « La Naissance D’Une Nation » (1915) avec Lillian Gish et Mae Mae Marsh est acclamé comme un chef-d’œuvre. Il decide de faire une « suite » de ses idées, il prone la tolérance et réfute le racisme.
En 1916, « Intolérance » est considéré comme un autre de ses chefs-d’oeuvre. De nombreux acteurs sont attirés par le projet : Lillian Gish, Mae Marsh, Tod Browning, Erich Von Stroheim et King Vidor répondent présent (même si tous n’apparaissent pas au générique). Cette fois-ci, il raconte son oeuvre en 4 épisodes à des époques différents, dans des lieux différents sur 180 minutes.
Après ce succès, Griffith travaille pour la Compagnie Antcraft puis pour la First National. En janvier 1919, Griffith, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et Charles Chaplin fondent la United Artists Corporation qui durera 36 années.
Des tensions appaissent entre eux : seul Griffith n’obtient pas de succès face aux acteurs-réalisateur. A partir de 1925, il tourne pour la Paramount avant de reprendre son indépendance.
Le 2 mars 1936, il se remarie avec Evelyn Baldwin jusqu’au 1er novembre 1947. Ils n’eurent aucun enfant.
L’arrivée du cinéma parlant correspond à la fin de sa carrière et ses quelques films parlants sont médioces. Réalisateur/acteur/producteur/scénariste d’exception, il aura tout de même tournés le nombre imposant de 536 films entre 1908 et 1948, année de son décès.
Griffith meurt le 23 juillet 1948 d’une hémorragie cérébrale à Hollywood, en Californie.
Il est enterré au Mount Tabor Methodist Church Graveyard, à Crestwood, dans le Kentucky.
Quelque unes de ces citations :
Eisenstein parle de Griffith : « C’est Dieu le père, il a tout créé, tout inventé. Il n’y a pas un cinéaste au monde qui ne lui doive quelque chose. Quant à moi, je lui dois tout »
« Un film sans message n’est qu’une perte de temps »
« Académie des arts et des sciences cinématographiques. Quel art ? Quelle science ? »
Retrouvez son étoile au Walk of Fame au numéro 6535 sur Hollywood Boulevard





J’ai été choquée par Naissance d’une nation. C’est d’autant plus marquant pour moi qui suis noire je suppose. Mais je tiens à voir les films de Griffith parce qu’il a innové de façon certaine et qu’il est même aujourd’hui un modèle pour les réalisateurs. Cependant, je suis ravie qu’aujourd’hui on ne puisse plus tourner ce genre de film. Bizarrement j’ai tout de même trouvé Naissance d’une nation plus intéressant qu’Intolérance ( qui ne rattrape effectivement pas le racisme de Naissance d’une nation).
Je suis particulièrement passionné du muet – pas de Griffith cependant, le mélodrame victorien n’étant pas très passionnant à mes goûts, bien que je suis en train de plus ou moins compléter sa filmographie par plaisir.
Le muet, il faut tout simplement y venir naturellement: croiser un film à la télé (quel chance faudrait-il cependant, quoi que je crois que chez les européens cela n’est pas tout à fait impossible), s’intéresser à un nom, un scénario, quelque chose! C’est peut-être une étrange idée que je me fais, mais je crois que ma génération (~20 ans) est plus enclin à apprécier le cinéma muet que les générations précédentes, mais il suffirait de s’y mettre.
Oui, je comprends très bien ; quoi qu’il en soit, il ne faut surtout pas se forcer; ça doit venir naturellement, ou pas d’ailleurs. Moi c’est « Le Voleur De Bagdad » de Walsh avec Fairbanks père et A.M.Wong qui m’avait « initié ». Son exotisme fabuleux m’avait emballé; peut-être que si j’avais commencé par un film social bien glauque ou une histoire d’amour simplette, les choses ne se seraient pas enclenchées; je ne suis toutefois pas un « spécialiste » du Muet !!
Merci pour toute ses informations Michel ! Je ne savais pas du tout que c’était pour masquer les bruits des appareils de tournage.
Quand je parlais de voir un muet, oui c’est bel et bien avec une ambiance musicale actuelle bien qu’elle ne puisse rien à voir avec la trame du film. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ?
La blogueuse en chef
A Vargen Concernant les films muets, je n’ai pas trop compris la différence pour vous entre orchestre et fond sonore ? vous vouliez bien dire une musique à vous, choisie par vous ? Il y a tout un travail actuellement sur les accompagnements musicaux des films muets, justement pour attirer les gens récalcitrants !! Soit on restaure la musique originale comme pour « Le Lys Brisé » ou « Metropolis »,ou on en crée une nouvelle comme pour « Le Vent » par Carl Davis, que je trouve superbe, pas « désuete » du tout. j’ai une VHS de 1999 du « Dracula » de 1931 par le Kronos Quartet qui est vraiment géniale, sinistre à souhait ! Idem pour le « Napoléon » d’Abel Gance dont la musique est moderne. J’ai également une VHS de « Métropolis » des années 80 sur de la musique électro-rock par Freddie Mercury, Pat Benatar et Adam Ant !! je peux vous dire que le génie de ce film d’anticipation n’en est que plus impressionnant !! ça bouge donc de ce côté là ; il y a actuellement beaucoup de compositeurs spécialisés qui travaillent (USA et Allemagne en partic) sur le « problème » !! C’est très drôle de penser que, au départ , la musique servait surtout à noyer le bruit important des projecteurs de l’époque et aussi le bruit des gens qui parlaient pendant le film et n’avaient pas encore le respect ( quoique parfois !) que l’on a actuellement !! Ensuite elle a servi à insaller l’ambiance, augmenter le suspens, la tension etc. Il y a, à New York, des cinémas qui ont régulièrement des programmes « muets » avec orchestration moderne; un ami américain qui a vu ainsi le « Ben Hur » de 1926 relooké musicalement a été complètement emballé.
A Vargen. J’adore comme vous « Arsenic… », irrésistible de drôlerie macabre, d’humour décalé typiquement anglais où Grant est parfait, un sommet du genre ;quant aux films muets, pourquoi pas, en effet, les voir, du moins certains, en écoutant de la musique ! mais je crois que ça ferait hurler certains puristes !! A Marieeleo. Bacall est incontestablement une star fascinante qui ne peut laisser indifférent, je crois. Hélàs, moi j’ai commencé par la voir dans ses films plus tardifs, sans Bogart,plus âgée et un peu lasse (je trouvais) et ça n’a pas été la « révélation » !! Mais ensuite, j’ai compris…et je l’aime beaucoup. Quant à Louise Brooks,j’ai tout de suite commencé par elle (cinémathèque de Paris);autant vous dire qu’ensuite j’ai eu beaucoup de mal à apprécier les autres, leur jeu outré, leur manque de grâce (ex: Gloria swanson, très bovine !! Clara Bow est irrésistible mais ce n’est pas du tout une « beauté » !! Mes préférées: Brooks, Gish, Dolores Costello, Esther Ralston,c’est à peu près tout; les autres comme Pola Negri, Bebe Daniels, Pickford etc. m’ont vraiment décu. A+
Pour moi, comme je l’écris à l’article « Bacall », le coup de foudre s’est fait avec Lauren. J’avais lu l’article d’un chroniqueur célèbre qui regrettait le temps « des Lauren, des Ava, des Rita » remplacées par des Pamela Anderson, cela ne voulait rien dire pour moi ! Mais j’ai voulu en savoir plus, d’abord sur Lauren. Il y avait une médiathèque de VHS non loin de chez moi ; j’ai loué le PORT DE L’ANGOISSE en version originale et ça a été le coup de foudre. J’ai adoré le couple Bogey-Lauren, l’érotisme subtil des dialogues, l’atmosphère musical du film – malgré son intrigue maladroite -, et cette actrice de presque mon âge qui en paraissait bien plus, si élégante. J’ai vu les autres films du couple puis, comme une pelote de laine sur laquelle on tire, d’autres oeuvres du vieux cinéma -dont Gilda, Garbo… Louise Brooks n’est venue que beaucoup plus tard, il y a trois ans quand ils ont ressorti le coffret de ses films.
Non pas du tout, je n’ai connu Louise Brooks qu’à travèrs un documentaire.
Le déclic a commencé en septembre 2005 grâce à Arte qui a diffusé « Arsenic Et Vielles Dentelles ». Je suis aussitôt tombée amoureuse de Cary Grant puis je me suis interessée à sa vie à travèrs sa biographie jusqu’à en arriver où j’en suis aujourd’hui.
Le muet ne me plait pas, j’aime bien avoir un fond sonore, une ambiance et non pas un orchestre. C’est dommage parce qu’il a des muets que j’aimerai voir mais il me faudrait un cd qui tourne en même temps lol. Je pense à « Le Lys Brisé », « Le Vent », « La Légende De Gösta Berling », « Loulou », etc.
La blogueuse en chef
A marieeleo C’est un grand plaisir pour moi de mettre des commentaires ,bien modestes, de temps en temps ,sur ce blog si passionnant(le Garbo,entre autres, est très bien fait). J’ai 43 ans, mes parents étaient déjà des cinéphiles « accros », et c’est en voyant « Sunset Boulevard », « Les Raisins De La Colère » et « Propriété Interdite », début 80, à quelques jours de distance, que j’ai réalisé soudain le pouvoir du cinéma .J’aimerais d’ailleurs savoir ce qui a été le déclic pour Vargen et pour vous (Louise Brooks j’imagine…)?
Cher Michel, je vous conseille vivement « Le cuirassé Potempkine », la scène de l’escalier d’Odessa m’a littéralement callée sur mon fauteuil. Comme vous, de Lillian Gish je préfère « les Deux orphelines » – mais « Way down east » est bien aussi – et ses merveilleux films avec Sjostrom, dans lesquells elle parvient parfois même à être… sensuelle. Mes deux films muets préférés sont « Loulou » et « Journal d’une fille perdue », j’en suis folle, complètement ! Pour Garbo j’ai été ensorcelée par ses deux mélodrames avec Niblo, « La tentatrice » et « la belle ténébreuse » ; « La Chair et le diable » est moins magique, mais il y a des moments forts ; j’aime aussi « Love » et les autres versions d’Anna Karénine (Garbo parlant, V.Leigh) J’adore aussi la « Passion de Jeanne d’Arc » de Dreyer. Mais je suis loin d’avoir tout vu car cela ne fait que sept ans que je m’intéresse au cinéma (j’en ai 28). J’ai hâte de lire vos chroniques sur les réalisateurs, en effet j’apprécie beaucoup vos réponses qui témoignent d’une grande culture cinéphilique.
C’est vrai qu’il y a peu de commentaires sur les réalisateurs !! Je vais en mettre sur certains…
rectification: ci-dessous,tout en bas, je parle de la version d »Anna Karénine » de Clarence Brown, bien sûr !!!
Chère marieeleo Je ne demande pas la tête de Griffith, comme sur un campus US où l’on a déplacé son buste vers un endroit plus discret !!! C’est un débat sans fin, le fond et la forme,les idées et la technique (sublime chez Griffith, tout le monde est d’accord); tout génie a ses faiblesses et ses obsessions (cf Céline); j’ai toujours eu beaucoup de mal avec les 2 aspects que j’évoquais, en particulier la sexualité (je préfère toute la charge émancipatrice des films de Chaplin); c’est pourquoi, d’ailleurs, je préfère Lilian Gish dans « La Lettre Ecarlate » et surtout « Le Vent », l’un des sommets du Muet pour moi.J’adore « Les Deux Orphelines » et « Intolérance »,mais quel calvaire pour moi de voir « Le lys brisé », épouvantablement glauque; j’y sens comme une sorte de délectation morbide, voire sadique de la part de Griffith ( je ressens la même chose pour « Les Damnés » de Visconti)….Mes films préférés du Muet sont « Intolérance » (Griffith donc !!), « Le Vent » de Sjostrom (et sa « Lettre Ecarlate »), « L’Aurore » de Murnau, avec Janet Gaynor et George O’Brien (pour moi, et pour beaucoup, le plus beau film d’amour du Muet), »Loulou », bien sûr, « La Ruée vers L’Or » de Chaplin, « Les Rapaces » de Von Stroheim, « Metropolis » de Lang, « Le Voleur De Bagdad » de Walsh (ancien assistant de Griffith et acteur dans « Naissance… » !! Sublime féérie orientaliste made in Hollywood)et « La Chair Et Le Diable » avec Garbo, de Clarence Brown (je préfère mille fois cette version à celle avec V.Leigh). Il faut que je vois, entre autres, « Le Cuirassé Potempkine » et « Un Chien Andalou »….
Doit-on demander au cinéma d’être politiquement correct ? Je me souviens certes avoir été choquée dans « Naissance d’une nation » par la vision du KKK, déboulant sur des montures blanches et levant les armes, esthétiquement c’est magnifique et pourtant cela fait froid dans le dos. Pourtant je n’aime pas qu’on impose des règles morales aux oeuvres d’art, qui pourraient les mener à être censurées. Aujourd’hui, cela nous mène à des procès de tous côtés. Enfin, voilà un sujet de polémique. Je suis quand même bien contente qu’il y ait des réactions à l’article « Griffith », car j’aime écrire sur les réalisateurs que je connais et en général je suis seule à laisser un message !
Tout à fait d’accord avec Alice. OK Griffith était un avant-gardiste « stylistique », un précurseur génial en termes de mise en scène…Mais il ne faut pas oublier son répugnant racisme vis à vis des noirs ;dans « Naissance… »,ils sont tous grimaçants, traîtres, paresseux et surtout libidineux (voir en partic. la scéne où l’un d’eux court après Mae Marsh ou l’arrivée au « parlement » d’une assemblée noire…)Griffith était un vieux Sudiste raciste. Il s’est rattrapé dans « Intolérance » ? Il n’y est JAMAIS question de l’identité noire; il se focalise uniquement sur les grands conflits de l’histoire ! De même,ce qui peut également lasser chez lui, malgré l’ésthétisme sublime de ses plans, cadrages, scénes (sublime scènes de batailles dans « Naissance… ») c’est son puritanisme victorien qui transforme tout émoi sensuel en menace infernale, sa fixation sur des gamines à l’innocence assiégée de tous côtés !! Il a dû avoir une attaque à l’arrivée des flappers (Clara Bow, Louise Brooks, Colleen Moore, la jeune Joan Crawford…)
La « beauté de la mise en scène » d’un film est une chose, mais il ne faut jamais en oublier le contenu. (voir « Naissance d’une Nation »)
Oui, Griffith a tout inventé. Il a fait l’épopée avec le beau « Naissance d’une nation ». Il y a un impressionnant travelling dans « Intolérance ». Il a été le premier à magnifier le visage de ses actrices, notamment Lillian Gish, dans les quatre chef-d’oeuvres qu’il tourna avec elle. Certes, ses films sont plein de naiveté et de bons sentiments, Griffith fut le cinéaste des filles-mères abandonnées et malmenées ; il mêle la tragédie et le western dans les « Deux orphelines », en pleine époque de Danton, les sous-titres prêtent parfois à sourire aujourd’hui, mais la beauté de ses mises en scène fait tout passer.