Antonioni Michelangelo (1912-2007)

Michelangelo Antonioni naît le 29 septembre 1912 à Ferrare, en Italie.
Après des études économiques et commerciales, il commence à s’intéresser au cinéma en tournant quelques films amateurs. Il publie des critiques dans un journal local : le Corriere Padano.
Il travaille dans une banque avant de s’installer à Rome en 1939 où il écrit pour le bimensuel Cinema. En 1940, il suit brièvement les cours dispensés par le Centro Sperimentale di Cinematografia.
En 1942, il passe à la pratique en collaborant aux scénarios de « Un Pilota Ritorna » de Roberto Rossellini et « I Due Foscari ». Il devient assistant metteur en scène sur ce dernier film et auprès de Marcel Carné sur le tournage des « Visiteurs Du Soir » (1942).
En 1942, il se marie avec Letizia Balboni jusqu’en 19??. Ils n’eurent aucun enfant.
En 1943, Antonioni commence un court métrage : »Gente Del Po » qu’il ne pourra terminer qu’en 1947 en raison des évènements politiques. Après avoir collaboré au scénario de « Chasse Tragique » (1947), il réalise encore plusieurs documentaires avant d’entamer »Chronique-D’Un Amour » (1950) avec Lucia Bosé qui sera son 1er long métrage.
C’est dans le style et le regard du cinéaste que réside l’originalité de cette oeuvre dont l’histoire relativement banale. Les années suivantes, Antonioni tâtonne : il démystifie le monde du cinéma avec « La Dame Sans Camelias » (1953) avec Lucia Bosé, il adapte »Femmes Entre Elles » (1955) avec Eleonara Rossi Drago puis retrouve le ton documentaire avec « Le Cri » (1957) avec Alida Valli.
Ce dernier film décrit la solitude d’un ouvrier suicidaire pour échapper à un monde hostile, ce raisonnement annonce les thèmes de l’oeuvre antonionienne.
En 1960, »L’Avventura » divise le Festival de Cannes. « La Nuit » (1961) avec Marcello Mastroianni et Jeanne Moreau, « L’Eclipse » (1962) avec Alain Delon et « Le Désert Rouge » (1964) poursuivent l’examen clinique d’un univers froid qui aliène l’individu et le condamne au désespoir en le privant des moyens de communiquer avec ses semblables.
Dès lors, Michelangelo Antonioni est un cinéaste mondialement réputé. Il tourne les inoubliables « Blow-up » (1966), »Profession : Reporter » (1975) avec Jack Nicholson et Maria Schneider et « Identification D’Une Femme » (1982).

A partir des années 60, Michelangelo met de plus en plus de temps pour sortir une de ses oeuvres qu’il travaille minutieusement. Son état de santé est une des raisons puisque dès 1985, il est victime d’attaques cérébrales qui le paralyse (il était hémiplégique il me semble).
En 1986, il se marie avec Enrica Fico jusqu’à son décès le 30 juillet 2007. Ils n’eurent aucun enfant.
La fin de sa carrière sera moins resplendissante avec notamment « Par-Delà Les Nuages » (1995) avec Sophie Marceau et John Malkovich entre autres et un segment du film collectif « Eros » restera sa dernière œuvre.
En 1995, il est récompensé par un Honorary Award pour l’ensemble de sa carrière.
Michelangelo Antonioni est décédé le 31 juillet 2007 à Rome, en Italie.

Quelque unes de ces citations :
A propos du film « Chronique D’Un Amour » : « Je me suis attaché à peindre l’âme de mes personnages plutôt que leur insertion dans la société, à montrer comment se répercutaient en eux les événements extérieurs. C’est pourquoi, au tournage, je les suis avec autant d’attention, en coupant le moins souvent possible la caméra »
« Je me sens comme un père avec mes films. Dans le monde, chacun élève ses enfants, les voit grandir puis les laisse partir de chez eux. De temps en temps, on se retrouve et c’est toujours une plaisir de se revoir »
Pour plus d’informations, visitez :



Moi je préfère le tître : LA DAME AUX CAMELIA , plutôt que : LA DAME SANS CAMELIA , çà correspond mieux quand même .
Films clés dans sa carrière .
L AVENTURA avec GABRIELE FERZETTI et MONICA VITTI .
LA NOTTE ( LA NUIT ) avec JEANNE MOREAU et MARCELLO MASTROIANNI .
Je confirme, il s’agit bien du film « La Dame Sans Camélias ».
La blogueuse en chef
Moi , je ne connais comme film que LA DAME AUX CAMELIAS tel est le tître du roman d ‘ ALEXANDRE DUMAS FILS et non LA DAME SANS CAMELIAS , j ‘ ai l ‘ impression qu ‘ il y a une erreur dans le tître du film qu ‘ Antiononi, adapta au cinéma avec Lucia Bosé en 1953.
Poète de l’incommunicabilité, de la faillite des sentiments, je pense qu’il était surtout un peintre des états d’âme, un sublime créateur d’images et d’ambiances, l’aspect visuel, esthétique étant privilégié au détriment des codes narratifs traditionnels (absence d’explications, de vrais dénouements, dialogues elliptiques…). On aime ou pas. Les objets en disent long (éléments architecturaux int/ext dans LA NOTTE par ex); les sons (vagues, cloches, eaux du Tibre, bruits de pas, par ex dans L’AVVENTURA; les paysages (souvent sombres ! brume milanaise dans LA NOTTE ou désert dans ZABRISKIE POINT par ex)… Je crois qu’on peut parler d’anti-histoires, les personnages étant comme enfermés dans des compositions visuelles avant tout !
D’où l’aspect claustrophobique…
J’aime beaucoup LA NOTTE et ce couple naufragé dont la conjugalité est épuisée mais qui continue !! Une sorte de jeu pathétiquement absurde !! C’est vrai que J.Moreau (zombie émotionnel ici !)n’a pas l’insolente ardeur de son personnage de JULES ET JIM ! La lumineuse M.VITTI est cependant bel et bien une Moreau (Lidia) en devenir !
Dans L’AVVENTURA, Antonioni utilise une sorte de suspense Hitchcockien avorté pour nous dire que connaître l’autre est une impasse, une affaire sans fin et sans issue…
J’adore particulièrement CHRONIQUE D’UN AMOUR (avec Lucia Bose, listée par Vargen) qui contient déjà tout Antonioni… Riches oisifs, incommunicabilité, aspect enquête, idée de la responsabilité… Deux amants sont liés par un crime qu’ils n’ont pas commis mais rêvé de faire… A noter qu’ici l’amour palpite encore !! Un « film noir » très clinique.
BLOW UP est, pour moi, en tout point remarquable dans sa reconstitution en puzzle d’un crime « éventuel » (doutes à la fin…)sa narration parfaite, sa bande-son géniale (cf le vent dans les arbres du parc), la correspondance décors/personnages… Je dois dire que les personnages masculins d’Antonioni sont presque toujours faibles et veules, ce qui n’est pas trop le cas ici, enfin presque ! En tout cas le héros traverse un petit sursaut existentiel !! lol. Moralité selon moi: c’est l’art qui compte (ici la photo, si importante chez A.)avant l’illusion dérisoire de prétendre parvenir à et connaître la vérité. Faire intéragir Art et intellect est noble mais voué à la frustration malgré tout ? ….. Film passionant baigné dans la culture pop des « swinging 60s » !
Une déception quand même: ZABRISKIE POINT, charge anti capitaliste assez simplette selon moi où l’essoufflement créatif est plus qu’avéré ! Je n’ai pas encore vu L’ECLIPSE.
« L’éclipse », avec une Monica Vitti toujours aussi à fleur de peau, mais parfois enthousiaste et enfantine, comme lorsqu’elle se déguise en danseuse noire durant une soirée entre amies, est également un superbe film sur les méandres amoureux. Il s’achève avec la vision silencieuse de l’ombre qui tombe partout sur la ville. Long passage final où le plaisir de l’oeil est sollicité… « La nuit » m’a moins plu, j’ai attendu tout du long l’arrivée de Monica Vitti, à la présence vive et sensuelle, les cheveux teints en noir pour correspondre au titre du film, et malheureusement supplantée par une fade Jeanne Moreau en tant que personnage féminin principal. J’ai ainsi senti à quel point, dans mon esprit, le talent d’Antonioni était redevable à celui de son interprète favorite.
Changeant des histoires d’amour compliquées qui formaient l’armature de ses précédents récits, le réalisateur choisit d’explorer la névrose d’une femme inadaptée à l’enfer de la vie moderne dans « Le désert rouge » où Monica Vitti, les cheveux teints cette fois en roux, parait plus vulnérable et névrosée que jamais. Ce film un peu inquiétant insiste sur les ravages de la pollution industrielle dans le paysage urbain, en en faisant la toile de fond de nombreux décors.
Quant à « Blow up », film qui interroge le rapport entre réalité et photographie, je l’ai trouvé trop teinté d’intellectualisme et de pas assez de suspense, même si la fin – une partie d’échange de balle… sans balle – reste marquante.
J’ai découvert Antonioni avec « L’avventura », très beau film qui a la particularité de changer en cours de route d’histoire et d’héroïne. Je me souviens que j’aimais bien, en regardant, écouter les bruits de pas des personnages ; c’est qu’un esthétisme subtil est présent tout au long du film ; et on y découvre la belle figure de Monica Vitti, actrice blonde loin des archétypes méditerranéens. Le film, à Cannes, fut hué ; durant la projection, des gens baillaient ostensiblement, riaient, sifflaient, etc, et on se souviendra d’une Monica Vitti de vingt-six ans en larmes sur les marches du festival. Le réalisateur et elle s’étaient tellement investis dans ce projet ! Heureusement, dès le lendemain, une pétition de cinéastes et d’intellectuels saluait « l’Avventura » comme un très grand film, et le jury du festival fut obligé de revoir sa position.